Avec un français que j'avais rencontré au Chili et retrouvé à La Paz, nous nous sommes inscrit pour grimper le Huyana Potosi, culminant à 6088m d'altitude.
Ça ne va pas être une partie de plaisir ... mais les paysages doivent valoir le coup !
L'excursion se déroule sur 3 jours. Dans le groupe nous sommes 7 plus 4 guides.
Le Huyana Potosi :
Jour 1 :
On monte en van au premier refuge qui se trouve à 4700m d'altitude, en face d'un superbe lac bleu.
Cette première journée va consister à aller s'entrainer à manier les crampons et le piaulet, dans un glaçier non loin de là.
Une fois harnaché, on apprend à grimper la glace en crampons ainsi qu'à monter les murs avec 2 piaulets.
On dirait pas comme ça mais c'est hyper physique de monter un mur, surtout à cette altitude.
Les seuls points d'attaches sont les 2 piaulets et les 4 crampons avant de chaque chaussure.
Jour 2 :
Depuis le premier refuge, on monte avec tout le matériel jusqu'au deuxième refuge, à 5300m d'altitude.
On peut le voir au loin sur la montagne, juste avant la neige (c'est la petite cabane orange) :
Notre équipée durant une pause :
Un p'tit lama au détour du chemin :
Encore un p'tit lama :
Ça commence à souffler. A gauche on aperçoit le glacier où on s'est entrainé la veille.
Et on arrive enfin au deuxième refuge, vers 16h. La vue vaut la peine de grimper :
Le soleil commence à se cacher derrière le Huyana Potosi :
Et les nuages à recouvrir la vallée :
Au loin, on peut apercevoir l'Ilimani :
À 17h, on attaque déjà le repas pour se coucher de bonne heure, demain on se lève avant le lever du soleil.
Le deuxième refuge est déjà plus rustique :
Jour 3 :
1h du matin :
Les guides nous réveillent pour se préparer et gravir les 800 dernièrs mètres jusqu'au sommet, avant le lever du soleil.
On mange un petit déjeuner rapide et on enfile notre équipement pour grimper sur la glace et la neige : chaussures, crampons, guêtres, casque, harnais, lampe frontale, vêtements chauds (il fait très froid!), gants et piaulet.
Allé, on se motive !
2h04 :
5300m. On commence à grimper par cordées de 3 : 1 guide pour 2 personnes.
A cause du manque d'air en altitude, on avance très doucement, pas à pas. La seule chose que l'on voit dans la nuit, ce sont les lumières des frontales de chaque cordée et la track pour marcher. A gauche c'est l'amont, à droite c'est l'aval.
Piaulet dans la main gauche en cas de chutte, on reste concentré.
3h19 :
5567m. On passe par un mur à gravir avec le piaulet et les crampons. Il faut être synchro avec la cordée et y aller doucement, ça ne sert à rien de se couper le souffle.
Et puis il faut bien assurer chaque accroche, pour ne pas faire tomber toute la cordée.
3h48 :
3674m. L'eau de mon CamelBak commence à geler, c'est pas bon signe. Pour vaincre le mal d'altitude, il y a 2 moyens : macher des feuilles de Coca et boire beaucoup d'eau. Heureusement, il me reste de la feuille de Coca.
4h41 :
5807m. Je commence à m'essouffler beaucoup. Je dois m'arrêter toutes les 2 minutes pour reprendre mon souffle. J'ai vraiment envie de le gravir ce sommet mais je commence à avoir mal à la tête en plus.
Ça ne sert à rien de risquer une embolie pulmonaire, le mal de l'altitude peut être fatal.
Je décide donc de m'arrêter là. Notre guide emmène mon collègue de cordée à une autre cordée plus haut.
Les 20 minutes à l'attendre dans le froid sur la track me semble une éternité. Je croise d'autres cordées qui continuent à monter et d'autres qui abandonnent.
Le guide revient et on commence la descente, ce n'est pas forcément la partie la plus facile, il s'agit de ne pas perdre sa concentration pour ne pas chuter.
Il fait encore nuit.
5h36 :
5498m. Le soleil levant commence à flirter avec l'horizon, je vais enfin pouvoir vous faire partager les photos de ce moment magique (les photos la nuit, c'est pas simple) :
On dirait pas mais là, j'ai hyper froid malgré toutes mes couches de vêtements :
La fameuse montagne que j'aurai aimé gravir se découvre enfin sous les premiers rayons du soleil :
Et ouai ! On n'a pas fais semblant de grimper ...
Et au fond sous les nuages, c'est l'Amazonie :
Retour au deuxième refuge, plein les pattes mais des images plein la tête :
Même si je n'ai pas réussi à monter au sommet, j'ai quand même eu l'occasion d'admirer de très beaux paysages.
Autant vous dire que la descente était aussi dure que la montée.
On est revenu à La Paz sur la même journée, ça va faire du bien de se reposer.
Pour la prochaine destination, je vais descendre un peu en altitude, I need fresh air !



























Très impréssionnante cette expédition !!!
RépondreSupprimerEncore une fois, merci de nous faire partager tout cela.
J'attends la suite avec impatience...
Ça fait plaisir !
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